Sujet particulièrement complexe que celui du commerce à Perpignan !

La ville a de nombreux atouts : croissance démographique de l’unité urbaine très forte, apport de clientèle touristique non négligeable, absence de concurrence forte de la part d’une autre agglomération (Toulouse, Montpellier sont déjà assez éloignées et les parts d’évasion sont donc relativement faibles, excepté quelques enseignes très spécifiques (Ikea) et la concurrence de produits détaxés à la frontière espagnole), Toutes les agglomérations françaises n’ont pas ces chances, loin de là !

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place_de_catalogne-fnac.jpg, par Clotilde

Le problème est plutôt intra-roussillonnais si l'on peut dire :

  • Il faudrait estimer précisément les chiffres d’affaires des différentes zones commerciales, la provenance de leur clientèle et leurs habitudes d’achats, mais il apparaît assez clair qu’une très grande part du potentiel commercial de l’agglomération est captée par les zones périphériques (Porte d’Espagne au premier rang, Mas Guerido et Claira-Rivesaltes, ensuite, et dans une très moindre mesure Château Roussillon), dont l’offre s’est régulièrement enrichie et constitue pour les habitants des zones périurbaines de la plaine du Roussillon un substitut agréable et pratique au commerce de centre-ville : l’offre y est plus récente, plus variée, plus spécialisée aussi et nombreux sont les commerçants du centre-ville a y avoir dédoublé leur offre ; l’accessibilité à ces zones est globalement facile (modulo les embouteillages aux heures de pointe), le parking y est gratuit et ces zones disposent enfin d’une politique commerciale dynamique lorsqu’elle est chapeautée par des grandes enseignes ou grandes foncières commerciales (Immochan, Carrefour…).
  • Le centre-ville dans cet environnement voit son emprise se restreindre sur ses emplacements n°1 et ce au détriment de ses secteurs plus secondaires (moins visibles, moins accessibles ou bénéficiant d’une moindre image) qui connaissent une très forte vacance ; les secteurs n°1 fonctionnent grâce aux valeurs immatérielles véhiculées par un centre-ville patrimonial et aux commerçants qui capitalisent sur cette image pour proposer une offre commerciale typique, différenciée, personnalisée ;
  • Les secteurs de faubourg, qui ne bénéficient ni de la fonctionnalité des zones commerciales périphériques ni de la dimension patrimoniale du centre-ville, trouvent difficilement leur place, c’est tout le problème du Centre del Mon, mais ce n’est pas un sujet propre à Perpignan, loin de là.

Que faire ?

  • D’abord, il faut tenir compte du fait que la conjoncture globale à venir à l’échelle française pour le commerce d’ici 2020-2030 ne sera pas simple et cette conjoncture touchera aussi Perpignan : incertitudes sur le pouvoir d’achat, arbitrages consommation / épargne de précaution au bénéfice de cette dernière, impact croissant du e commerce…on passe donc d’une époque où il fallait organiser la croissance du parc immobilier commercial à celle où il faut faire avec un potentiel de consommation donné et réaliser des arbitrages lourds entre sites, centre-ville et périphérie, modes de consommation…
  • A Perpignan, il faudrait à mon sens :
    • Réfléchir très sérieusement au potentiel du centre-ville en matière commerciale : Organiser un parcours marchand cohérent, à l’échelle du potentiel estimé du centre-ville (ne pas voir trop grand, ne pas chercher à satisfaire tout le monde, ne pas disperser mais plutôt chercher à focaliser en sauvant ce qui peut l’être et en capitalisant sur ce qui s’est passé de bien ces 15 dernières années dans le centre-ville de Perpignan (restructuration des Dames de France notamment),
    • S’assurer des conditions physiques de réussite de ce parcours :
      • Des points de fragilité ou de blocage peuvent-ils être raisonnablement levés, notamment en matière immobilière ou urbanistique (peut-on donner vie à la dalle Arago, peut-on améliorer l’attractivité des vitrines commerciales situées à l’entrée du centre-ville marchand entre le Castillet et les Galeries Lafayette , peut-on aider au renouvellement des galeries couvertes de la rive gauche…) ?
      • Ce parcours dispose-t-il d’une politique commerciale commune disposant d’outils notamment marketing permettant d’être efficace en matière de captation et de fidélisation de la clientèle ?
      • Le mix des enseignes est-il le bon, manque-t-il des enseignes, des secteurs d’activité qui viendraient utilement doper l’attractivité du parcours ?
      • L’immobilier est-il adapté le long de ce parcours à l’implantation d’enseignes dynamiques ?
      • A-t-on les bonnes conditions d’accessibilité et de parking pour distribuer ce parcours ?
      • Définir une stratégie de développement sur très longue durée (perspective à 5, 10… 15 ans) en veillant à ne pas avoir une vision trop urbanistique des choses mais bien centrée sur le fonctionnement commercial et cherchant en premier lieu à associer et structurer, même si c’est difficile, les commerçants en place.
    • Instaurer pendant plusieurs années une pause dans le développement commercial périphérique: à l’appui de cette stratégie offensive pour le centre-ville, ; cette pause n’est en aucun cas un gel complet des autorisations délivrées mais viserait à bien cantonner le développement du commerce périphérique à l’accueil d’enseignes qui du fait de leur besoin de surface ou de leur business model ne peuvent que s’implanter en périphérie ; pour les autres, celles qui sont des duplications d’enseignes de centre-ville, et à condition toutefois que des disponibilités immobilières de très bonne qualité aient été préalablement dégagées en centre-ville et que celui-ci soit facilement accessible depuis la périphérie perpignanaise, il conviendra de les orienter vers… le centre-ville en priorité ;
    • S’atteler à une analyse détaillée des conditions de développement du Centre del Mon, ce projet souffre d’une localisation hasardeuse et d’une offre finalement bien insuffisante pour « faire le poids » vis-à-vis de ses compétiteurs (hyper centre, galeries de grands centres commerciaux de périphérie), une analyse transparente et sans tabou doit y être réalisée rapidement pour éviter une lente dérive du site préjudiciable à l’image globale de Perpignan vis-à-vis des enseignes commerciales ;

Au final, c’est finalement des solutions de bon sens qu’il faut mettre en œuvre. Certaines agglomérations françaises, il est vrai héritant de traditions très fortes d’intercommunalité structurée, mettent en œuvre avec succès ces stratégies offensives en centre-ville et précautionneuses en périphérie depuis plusieurs années (Lyon, Rennes, Strasbourg…), autant tenter de s’en inspirer !

NOS PROPOSITIONS « COMMERCE » :

  • Arrêt du développement des zones commerciales
  • Utilisation de la zone de préemption pour dynamiser les activités commerciales des « rue commerçantes »
  • Aide à la rénovation des vitrines et à l’accessibilité
  • Création de 4 vrais parkings relais, sécurisés et reliés par navette au centre ville, toutes les 7 à 10 minutes

 

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