Réunion pour les commerces et restaurateurs du cœur de ville de Perpignan : Bilan d’enquête et propositions pour l’avenir

Le malaise des commerce en ville au coeur des débats.

 

Clotilde RIPOULL à l'écoute des restaurateurs

clotilde_ripoull_a_lecoute_des_commercants_de_perpignan.jpg, par Clotilde

Durant six mois, Clotilde Ripoull, conseillère municipale d’opposition à Perpignan a arpenté le centre-ville pour soumettre à quelque 150 commerçants un questionnaire portant sur la situation et la santé des commerces. Cette enquête lui a permis de mettre en exergue le malaise et surtout le mal-vivre des commerçants, soulevant les problèmes récurrents d’un stationnement trop cher, d’un manque de parking, d’un plan de circulation mal adapté, d’une sécurité insuffisante et bien sûr de la crise économique.

L’élue a présenté cette enquête lors d’une réunion à laquelle les commerçants avaient été invités. Elle fut à la fois animée et houleuse. Trois élus du conseil municipal étaient présents aux côtés de représentants de chambres consulaires, d’associations de commerçants et d’une trentaine d’artisans-commerçants.

 

Pour un stationnement gratuit en juillet et août

« Perpignan, faute d’industrie, commentait-elle en préambule, est obligée de s’appuyer sur un commerce fort et dynamique pour exister. La qualité de vie du centre-ville passe par là». Menant ce combat de redynamisation depuis 2008, les résultats obtenus sont selon elle «édifiants. Le stationnement arrive en tête des préoccupations des commerçants pour 62 %. Puis viennent la sécurité, la circulation, la propreté et les animations. La majorité d’entre eux est favorable à la piétonisation». A partir de ce constat, Clotilde Ripoull a élaboré des propositions et lancé l’idée de créer une commission : «Elle part de la nécessité d’un dialogue permanent. Je propose des pistes de travail. Il faut rendre le stationnement gratuit en juillet et août, revenir aux disques de stationnement, à un stationnement gratuit après 17 h, améliorer les parcs de stationnement. Il faut aussi arriver à très court terme à un ratio d’un policier municipal pour 1000 habitants. La gestion commerciale doit être pilotée par le maire avec un manager comme cela se fait à Nancy, Tourcoing… et en Scandinavie ».

 

L’exemple de Montpellier

Force est de reconnaître que le commerce ne va pas bien. A qui la faute ? Aux acteurs économiques ? Aux transports en commun ? Comment lutter quand un Perpignanais résidant à Saint-Gaudérique, à proximité des commerces du mas Guérido, met 45 minutes en bus pour atteindre la place de Catalogne, alors qu’il ne lui faut que 7 minutes en voiture, pour parcourir les 3 kilomètres le séparant de cette zone commerciale ? Montpellier, l’exemple régional qui a longtemps douté de son plan de relance de son commerce en centre-ville a choisi de jouer à fond la carte du tramway. Et aujourd’hui Montpellier est en reconquête, sur la bonne voie malgré la perte de parkings et de stationnements.

Perpignan doit sans doute la jouer plus modeste, mais on ne peut pas non plus polémiquer sans cesse et laisser croire que la mairie n’a rien fait pour redynamiser le centre-ville. Ainsi, quelle ville peut prétendre offrir gratuitement le stationnement le samedi après-midi ? Un projet d’extension du parking de Catalogne n’est-il pas à l’étude ? La ville n’a-t-elle pas recruté 13 policiers municipaux pour assurer une meilleure sécurité ? Les jeudis de Perpignan ne sont-ils pas un atout ? Encore faudrait-il que les commerçants jouent le jeu et les prolongations au-delà de 19 h.

« La perte de magasins de luxe, de belles marques est aussi un lourd fardeau pour Perpignan », a martelé une commerçante de l’avenue de la gare. Et c’est là où le bas blesse en Catalogne nord. Mais, c’est là un autre problème.